# TVA et locaux professionnels : ce que tout acheteur ou vendeur doit savoir

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# TVA et locaux professionnels : ce que tout acheteur ou vendeur doit savoir
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La fiscalité immobilière n'est pas toujours simple à appréhender, surtout lorsqu'il s'agit de transactions portant sur de l'immobilier d'entreprise. La TVA en particulier est un sujet qui revient systématiquement dans nos accompagnements, que ce soit lors de la vente de locaux professionnels, de l'acquisition d'un entrepôt ou de la mise en location de bureaux. Pourtant, avec quelques repères clairs, il devient possible de s'y retrouver et surtout d'anticiper les enjeux fiscaux avant de signer.

Voici un tour d'horizon des règles essentielles.

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## Pourquoi la TVA est au cœur de toute transaction d'immobilier d'entreprise

Contrairement à l'immobilier résidentiel, les locaux professionnels évoluent presque toujours dans un contexte où les parties — vendeur, acheteur, bailleur ou locataire — sont des assujettis à la TVA. Cela signifie que la taxe n'est pas qu'une question accessoire : elle peut représenter 20 % du prix de cession, impacter la rentabilité d'une opération ou déclencher des régularisations sur vingt ans si l'on n'y prend pas garde.

La bonne nouvelle, c'est que le régime applicable dépend de critères précis et identifiables. Il suffit de savoir lesquels regarder.

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## Le régime général de la TVA sur les locaux professionnels

### Biens neufs : TVA obligatoire

Un local professionnel est considéré comme **neuf** pendant les cinq années qui suivent son achèvement. Pendant cette période, toute vente réalisée par un assujetti — un promoteur, une société civile immobilière ou une entreprise — est automatiquement soumise à la TVA au taux de 20 %.

Pour l'acheteur professionnel, c'est souvent une bonne nouvelle : cette TVA est récupérable, à condition d'utiliser le bien dans le cadre d'une activité taxable. Le coût réel de l'acquisition s'en trouve donc réduit.

### Biens anciens : exonération de principe, mais options possibles

Passé ce délai de cinq ans, le local bascule dans la catégorie des **biens anciens**. La règle de base est alors l'exonération de TVA. Mais cette exonération n'est pas toujours la solution la plus avantageuse.

En effet, vendeur ou acheteur peuvent opter pour l'assujettissement volontaire à la TVA. Cette option présente un intérêt réel lorsque l'acheteur souhaite récupérer la taxe sur des travaux à venir ou lorsque le vendeur veut s'éviter une régularisation. Elle a aussi un impact direct sur les droits d'enregistrement : avec TVA, ces droits sont réduits ; sans TVA, ils s'élèvent en France à environ 5,80 % du prix.

### La règle des 20 ans et la régularisation

C'est l'un des points les plus méconnus et pourtant les plus importants de la TVA immobilière : lorsqu'un professionnel déduit la TVA lors de l'acquisition d'un local, il s'engage implicitement à maintenir l'usage taxable de ce bien pendant **vingt ans**.

Si le bien est revendu, transformé ou affecté à un usage non taxable avant l'expiration de ce délai, une régularisation s'impose. Concrètement, pour chaque année manquante sur les vingt, un vingtième de la TVA initialement déduite doit être reversé à l'État. Dans le cadre d'une vente de locaux professionnels, ce point doit systématiquement être examiné.

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## La location de locaux professionnels et la TVA

La question de la TVA ne concerne pas uniquement les opérations de vente d'immobilier d'entreprise. Elle se pose également dans le cadre locatif.

En règle générale, la location de locaux nus à usage professionnel est **exonérée de TVA**. Mais deux situations importantes échappent à ce principe.

D'une part, lorsqu'un bailleur opte volontairement pour la TVA — ce qui est possible pour les locations à des assujettis — il peut alors déduire la TVA sur ses charges d'entretien et ses travaux, en contrepartie de l'application de la TVA sur les loyers perçus.

D'autre part, la location de **locaux aménagés et équipés**, incluant le mobilier permettant l'exploitation professionnelle, est d'emblée soumise à la TVA à 20 %. C'est typiquement le cas des espaces de coworking, des salles de réunion meublées ou des locaux professionnels livrés prêts à l'emploi.

À noter : les bailleurs dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils (36 800 € pour les prestations de services, par exemple) peuvent bénéficier de la franchise en base, qui dispense du paiement de la TVA.

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## L'article 257 bis du CGI : la transmission dans le cadre d'une universalité de biens

Parmi les dispositifs fiscaux qui méritent une attention particulière dans le cadre de la vente de locaux professionnels, l'**article 257 bis du Code Général des Impôts** occupe une place à part.

### De quoi s'agit-il ?

Ce texte prévoit une **dispense de TVA** pour certaines opérations de transmission d'un bien immobilier, à condition que cette transmission s'inscrive dans le cadre d'une **universalité totale ou partielle de biens**. En clair : lorsqu'une entreprise cède non seulement un local professionnel, mais l'ensemble des éléments qui lui permettaient d'exploiter ce bien (contrats, actifs liés, etc.), la transaction peut être exclue du champ de la TVA.

L'objectif du législateur était d'éviter que des opérations de restructuration ou de cession d'activité ne génèrent des flux de TVA sans raison économique réelle.

### Conditions d'application

Pour bénéficier de l'article 257 bis, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies :

- **Vendeur et acheteur doivent tous deux être assujettis à la TVA.** C'est une condition sine qua non. Si l'acquéreur ne l'est pas, le dispositif ne s'applique pas.
- La transmission doit porter sur une **universalité de biens**, c'est-à-dire un ensemble cohérent permettant l'exercice d'une activité autonome.
- L'acquéreur doit poursuivre l'exploitation dans des conditions similaires à celles du cédant, notamment en reprenant les engagements liés à la régularisation de la TVA.

### Les conséquences pratiques

Lorsque l'article 257 bis s'applique, la cession est réalisée **hors champ de la TVA**. Cela ne signifie pas que la taxe disparaît : elle est en quelque sorte transférée à l'acquéreur, qui reprend les obligations de régularisation à la place du vendeur.

Concrètement, si le vendeur avait déduit la TVA il y a dix ans sur ce local, et qu'il restait donc dix années de régularisation potentielle, c'est l'acheteur qui hérite de cette contrainte. Il devra la mentionner dans l'acte de vente et veiller à conserver l'affectation taxable du bien pendant la durée restante.

Ce mécanisme est particulièrement utilisé dans les opérations de **cession-bail** (sale and leaseback), de transmission de fonds de commerce incluant les murs, ou encore lors de la restructuration d'un groupe immobilier.

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## Cas particuliers à connaître

### Les SCI assujetties à la TVA

Les sociétés civiles immobilières peuvent opter pour la TVA lorsqu'elles donnent en location des locaux professionnels. Cette option leur permet de récupérer la TVA sur les travaux et les charges d'entretien. En contrepartie, elles devront facturer la TVA sur les loyers. Cette configuration est fréquente dans les patrimoines immobiliers d'entreprise bien structurés.

### La requalification d'un bien ancien en bien neuf

Un local professionnel ayant fait l'objet d'une **réhabilitation lourde** peut être requalifié fiscalement en bien neuf, même si le bâtiment d'origine est ancien. Dans ce cas, la vente redevient soumise à la TVA de plein droit. Cette requalification est appréciée au cas par cas selon l'ampleur des travaux réalisés.

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## Ce qu'il faut retenir avant une opération d'immobilier d'entreprise

La TVA sur les locaux professionnels est loin d'être anecdotique. Elle influe sur le prix net d'une acquisition, sur les droits d'enregistrement, sur la rentabilité locative et sur les obligations à long terme de chaque partie.

Avant toute vente ou acquisition de locaux professionnels, il est indispensable de :

- Identifier l'âge du bien et son régime TVA applicable
- Vérifier s'il existe une TVA résiduelle à régulariser sur les vingt ans
- Analyser si les conditions de l'article 257 bis peuvent s'appliquer
- Évaluer l'intérêt d'une option pour la TVA en fonction du projet de l'acheteur
- Anticiper les impacts sur les droits d'enregistrement

Ces questions ne doivent pas être abordées au moment de la signature. Elles doivent l'être **en amont**, dès la négociation du prix.

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Thibault DELECROIX

Président

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Publié le 21/04/2026 par
Thibault DELECROIX

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